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Renate Pilz, CEO de Pilz :
«La sécurité est une tâche du management»
La société allemande Pilz concentre de plus en plus
son champ d’action sur la ‘technique de sécurité’. Elle s’y attelle non
seulement avec des composants et systèmes pour la technique
d’automatisation mais aussi avec des formations et une consultance
spécifiques. Une ambition claire, stimulée par la vision de l’enthousiaste
CEO Renate Pilz. Une belle illustration de l’imbrication toujours plus
exacerbée de la protection machines et de la technique de commande
industrielle.
C&A: Pilz se présente comme un ‘défenseur de la
technique de sécurité’. Comment concrétisez-vous exactement la notion de
‘technique de sécurité’?
Renate Pilz: «La technique de sécurité signifie pour nous la protection de
l’Homme, de la Machine et de l’Environnement. Il y a eu de nombreux
changements ces dernières années en matière de protection machines et de
sécurité, notamment par l’introduction de standards internationaux et
nationaux. Cependant, au bout du compte, la ‘technique d’automatisation de
sécurité’ n’a pas encore atteint partout le niveau de l’industrie
automobile par exemple. En tant qu’entreprise, nous allons plus loin. Nous
voulons modifier la prise de conscience dans les entreprises à l’égard de
la sécurité. Voilà pourquoi nous osons dire que la sécurité est une tâche
du management.»
C&A: La sécurité est en pleine transition du relais vers le bus de
sécurité. Quelles sont les implications pour l’utilisateur? Que peut-il
attendre des fournisseurs de technique de sécurité?
Renate Pilz: «Contrairement à la technique de relayage, la technique de
sécurité programmable a intégré la possibilité de s’adapter en toute
flexibilité aux standards en vigueur. L’adaptation logicielle est en effet
plus rapide et plus simple que la construction matérielle. Cela veut dire
que l’utilisateur peut prévoir dès à présent les instruments, bien avant
de devoir solliciter les fonctions effectives. Cette procédure simplifie
les modifications et adaptations, réduit leur coût et raccourcit les
délais de conversion de la machine. En outre, la part de l’électricité
diminue aussi dans l’ensemble du projet. En d’autres termes, des armoires
de distribution plus petites et des frais de câblage moins importants. Et
finalement, les frais logiciels. La réutilisation de logiciels consiste
simplement à copier et à adapter tandis que le nouveau matériel doit
toujours être réinstallé et câblé à partir de zéro. Cela se traduit donc
par une plus grande disponibilité de la machine, une réduction des arrêts
et des diagnostics plus précis et plus rapides des erreurs.»
C&A: Est-il sensé de proposer le tout via un seul fournisseur?
Renate Pilz: «Nous proposons des solutions globales, du capteur à
l’actionneur en passant par la technique de commande de sécurité.
Néanmoins, nous sommes conscients que la sécurité est plus qu’un simple
produit. Voilà pourquoi nous ne vendons pas seulement des systèmes. Nous
proposons des concepts de sécurité globaux et des formations, tant au
niveau local qu’au niveau international. En outre, nous offrons notre aide
au client lors de l’implémentation. Cela confère assurément une plus-value
à nos clients.»
C&A: Le marché exige de plus en plus des techniques intelligentes et
intégrées, également en matière de sécurité. Avez-vous élaboré une
stratégie d’entreprise et une stratégie produits à cet égard?
Renate Pilz: «Notre stratégie s’appuie sur quatre piliers. Le pilier
central est la prestation de services. Nous l’étendons sans cesse et nous
la standardisons dans toutes nos filiales de par le monde. Le
développement horizontal de notre offre constitue le deuxième grand
pilier. Celui qui nous achète une solution de sécurité, peut réaliser
rapidement et efficacement une protection machines. Le troisième pilier
est l’intégration intelligente de la sécurité et la standardisation de
tous nos systèmes. Pilz est issue du monde de la technique de commande.
Notre système de sécurité PPS comprend par exemple depuis longtemps un
composant de commande standard. Nous étendons cette standardisation et
nous l’étoffons avec une technique de mouvement. Notre nouvelle
plate-forme d’E/S décentralisée PSS-universal est également un système
intelligent qui combine commande de sécurité et commande standard. Ainsi,
nous pouvons combiner par exemple la protection machines avec des
exigences de production très spécifiques, comme des temps de réaction
excessivement courts et une précision de répétition très élevée. Last but
not least, nous migrons notre système de bus ouvert SafetyBUS p vers un
Ethernet de sécurité que nous appelons SafetyNET p. Cela sécurise
également l’investissement de nos clients.»
C&A: Pour quels services l’utilisateur technique peut-il s’adresser à
Pilz?
Renate Pilz: «Nous soutenons continuellement nos clients en matière de
consultance et d’ingénierie, avec des conseils de sécurité technique et
des analyses de risques, de la construction de l’armoire de distribution
jusqu’à la mise en service. Cela va de pair avec des formations
conceptuelles et axées sur les produits. De ce fait, le client peut
aisément planifier la gestion des différentes phases du projet, tant au
niveau des coûts que des délais.»
C&A: L’automatisation de sécurité connaît une plus forte croissance que
les autres segments de marché, notamment grâce aux normes et directives
internationales. A quoi doit s’attendre le constructeur de machines dans
les prochaines années?
Renate Pilz: «L’influence de la norme IEC 61508 se note depuis quelque
temps. Cette norme peut être considérée dans son ensemble comme la base
pour le développement de systèmes de commande complexes. Les normes
sectorielles doivent concrétiser la conversion de la norme IEC 61508 dans
la pratique. C’est dans ce cadre que doit être vue l’adaptation, à
l’époque, de la norme EN 954-1 (désormais EN ISO 13849-1). Ces normes
s’appuient surtout sur la probabilité statistique de panne des composants
de systèmes globaux et les analysent sur toute leur durée de vie. En
comparaison avec l’ancienne norme EN 954-1, une plus-value a été rajoutée
à la norme EN ISO 13849-1. La nouvelle norme comprend par exemple de
nouvelles prescriptions de construction pour des composants de commande
liés à la sécurité. La publication de la norme EN ISO 13849-1 est
entre-temps un fait, tout comme la Directive machines et l’entrée en
vigueur de la norme harmonisée. L’ancienne norme EN 954-1 peut encore être
utilisée en parallèle dans le cadre de la période de transition
trisannuelle.»
C&A: En tant qu’initiée dans le monde de la protection machines et de
l’automatisation, quelle sera selon vous l’évolution de la technique de
sécurité dans les prochaines années?
Renate Pilz: «La protection machines reste un marché en expansion. D’une
part, l’harmonisation de standards internationaux stimule les
développements. D’autre part, il y a de nouvelles technologies, comme par
exemple Ethernet. L’utilisateur comprend que le thème de la ‘sécurité’ ne
peut être considéré que comme un facteur de coûts. Une meilleure sécurité
induit une protection plus efficace et contribue à une meilleure position
concurrentielle. Surtout lorsque la technique de sécurité contribue à
améliorer l’interaction entre l’homme et la machine ou à accroître la
disponibilité des machines et des installations. Il existe des exemples en
suffisance. Un diagnostic plus rapide, par exemple, ou le développement
d’alternatives à l’arrêt machine complet. Les processus de production
pourraient alors s’achever d’une manière mieux contrôlée tout en évitant
l’endommagement d’un outil coûteux.»
Source:
Markt&Techniek, 6-2006
Traitement: Bert Belmans
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